Des navires-hôpitaux civils qui apportent espoir et guérison : Mercy Ships, l’ONG au service de l’Humanité.
Bien plus que des navires-hôpitaux, les bateaux de l’association Mercy Ships proposent une véritable solution innovante pour rendre la chirurgie et les soins médicaux accessibles à des populations où les ressources et les infrastructures sont limitées. La santé étant un défi critique en Afrique subsaharienne, Mercy Ships se rend principalement à cet endroit du globe, mais ne compte pas s’arrêter là.
Un mouvement solidaire
Mercy Ships est née d’un couple de missionnaires chrétiens, Don et Deyon Stephens, il y a maintenant 46 ans. Leur rêve : apporter de la guérison et de l’espoir dans les pays médicalement défavorisés. Inspiré par un navire-hôpital de la marine américaine, SS Hope, et touché par le manque d’accessibilité aux soins pour des populations non proches d’hôpitaux, le couple a décidé de concrétiser une vision révolutionnaire d’un hôpital civil flottant pour naviguer vers les personnes dans le besoin afin de leur fournir des soins de santé efficaces et accessibles.
Le premier navire est acquis en 1978 grâce à l’aide financière d’un couple suisse, Françoise et Henry ANDRE. L’ancien paquebot a été complètement transformé en hôpital après quatre années de travaux puis rebaptisé Anastasis. Ce premier bateau comprend 350 membres d’équipage, trois blocs opératoires, un bloc de dentiste et un laboratoire d’analyses médicales. Les premières missions se déroulent dans les Caraïbes et en Amérique du Sud. L’Anastasis restera avec Mercy Ships pendant 29 ans, dont 25 ans de services
Toujours portée par la volonté d’aider leurs prochains, l’ambition du couple s’étend à trouver des moyens d’acquérir d’autres navires, soit en les achetant soit en les rénovant, pour partir en mission dans différents ports du monde.
Les deux plus grands navires-hôpitaux civils au monde
Après l’Anastasis, l’Island Mercy et le Caribean Mercy sont deux bateaux qui ont marqué les missions réalisées en Amérique du Sud. C’est à partir des années 1990 que toutes les missions ont été rapatriées sur le continent africain avec l’Africa Mercy, l’un des deux bateaux actifs aujourd’hui.
Acquis grâce à une donation de la Fondation Balcraig et initialement transporteur de train au Danemark, l’Africa Mercy a été transformé en hôpital en 1999 et a effectué sa première mission en 2007, soit 8 années plus tard, le temps de la refonte complète du géant des océans. Celui-ci accueille 450 membres d'équipage et est composé de cinq salles d’opérations, de salles de réveil, de salles de soins intensifs, d’une salle de radiologie et d’un laboratoire d’analyse, et comprend au total 82 lits patients.
Le second bateau est deux fois plus grand ! Il se nomme le Global Mercy et son nom dévoile la détermination de Mercy Ships à vouloir agir au-delà de l’Afrique. Actif depuis 2021, il a été construit dès le départ pour devenir un navire-hôpital avec toutes les ressources médicales nécessaires tout en proposant un confort optimal pour les patients comme pour les bénévoles. Il a une capacité d’accueil de 641 personnes à bord et l’hôpital couvre environ 7 000 m2 du bateau, soit 6 salles d’opération, plus de 200 lits et des salles de travail préopératoires et post-opératoires pour faciliter le travail des équipes médicales. La particularité du Global Mercy est sa double capacité : les soins de santé et la formation médicale au personnel de santé local. C’est pour cette raison que des salles de conférence et des laboratoires de simulation ont été également agencés au sein du navire-hôpital.
Afin de couvrir les océans, Mercy Ships prépare un troisième navire-hôpital, nommé l’Atlantic Mercy, pour assurer des premières missions d’ici 2030.
Global Mercy à gauche, Africa Mercy à droite. © Mercy Ship*
Les missions de Mercy Ships
En Afrique subsaharienne où l’accès à des soins chirurgicaux sûrs est rare, Mercy Ships répond à l’urgence sanitaire par le biais de trois missions principales : la chirurgie, la formation et la sensibilisation.
La chirurgie
Les soins chirurgicaux à titres gratuits sont l’ADN de Mercy Ships. Dans ces pays du continent qui n’ont pas accès à ces soins pour des raisons financières et par manque de personnel (à Madagascar et en Sierra Léone, il y a environ 0,2 médecins pour 1 000 habitants et 1,4 sage-femmes pour 10 000), l’ONG apporte son soutien médical.
Les opérations effectuées sont :
- la chirurgie maxillofaciale, soit des ablations de tumeurs qui touchent les mâchoires, les fentes de la palatine ou encore des déformations de mâchoire.
- la chirurgie orthopédique, pour tous les redressements de jambes arquées principalement.
- la chirurgie ophtalmologique, concernant tous les soins des yeux comme des cas de strabisme ou de cataracte très avancé.
- la chirurgie reconstructrice, pour les cas de grands brûlés pour lesquels les tissus cicatriciels empêchent la mobilité de la personne ou pour des cas de reconstruction de visage due à une tumeur.
- la chirurgie gynécologique, pour la réparation des corps des femmes à la suite de traumatismes.
La formation du personnel local
En coordination avec les autorités locales et régionales, Mercy Ships propose des cursus de formation pour les chirurgien-nes, les anesthésistes, les infirmier-es, les secouristes, les dentistes du territoire. L’objectif est de faire profiter le personnel de santé local des plateaux techniques des navires-hôpitaux le temps de la mission en guise de complément de formation et pour un renforcement de leurs compétences et capacités sur du matériel et des équipements modernes. L’idée étant d’assurer une transmission en interne dans les pays émergents.
Hamzza Kamara, Étudiant au Laboratoire ETA. © Mercy Ship
La sensibilisation
Au préalable des missions, Mercy Ships et le ministère de la santé du pays qui accueille réalisent un travail d’identification des patients et patientes à prendre en charge. Une fois identifiés, le travail consiste à les convaincre, ainsi que leurs proches, en les sensibilisant sur les bénéfices des interventions que propose l’ONG. Il y a par la suite tout un travail de préparation et d’accompagnement mentale a réalisé auprès des participants pour les rassurer et les emmener au port.
Sur le volet bénévole, la sensibilisation est tout aussi primordiale. L’Afrique de l’Ouest étant majoritairement francophone, il est important pour les patients de comprendre et communiquer facilement pour créer un sentiment de confiance. Ainsi, l’enjeu principal pour le pôle France de l’ONG est de faire connaître l’association dans le pays pour embarquer le plus de bénévoles francophones possible dans les missions. Cela passe par exemple par des actions de sensibilisation auprès des centres hospitaliers.
Un travail préliminaire conséquent avant la mission
En amont, Mercy Ships se met d’accord avec le gouvernement du pays – le président, la primature ou encore le ministère de la santé – pour convenir des accords de la mission. Lorsque ces derniers sont validés, des conventions sont signées entre les deux parties prenantes, ce qui enclenche la validation de la mission qui durera 10 mois.
Un travail préparatoire est ensuite réalisé, en commençant par le choix des patients. Le ministère de la santé, composé de médecins, étudie tous les cas qui lui sont remontés. La remontée d’information se passe principalement par les centres de sensibilisation, les dispensaires et les hôpitaux de pays qui présentent leurs propres patients et font des campagnes au niveau local. Le but étant que 80% proviennent des régions situées dans les terres contre 20% des régions côtières, afin que même les personnes les plus éloignées du bateau puissent bénéficier des soins médicaux. A la suite de cela, Mercy Ships et le pays définissent le plan chirurgical de la mission et estiment le nombre de personnel en chirurgie nécessaire.
La durée de ces négociations et mises en place de stratégie en amont varient entre 2 et 3 ans pour chaque mission. Aujourd'hui, l’ONG a des relations de confiance principalement avec deux pays, la Sierra Léone et Madagascar, dans lesquelles plus de cinq missions ont été réalisées à ce jour. De nouveaux accords ont été signés récemment avec le Ghana, pour une mission prévue en 2027.,
Kathy Shearon, technologue principale de laboratoire médical, au travail. © Mercy Ship
C’est parti pour 10 mois !
Avant l’arrivée du navire-hôpital, des équipes locales sont déployées pour préparer l’accueil au port. Une fois amarré, trois zones se distinguent : le navire, une zone gonflable (preoperative center) et le Hope Center (Hospital OutPatient Extension).
Toute la partie préopératoire et la partie rééducation se font à l’extérieur du bateau tenues par des locaux engagés par Mercy Ships (zone gonflable). Dans le navire se déroulent les actes chirurgicaux – sur 10 mois de mission, environ 2 500 et 3 500 actes sont réalisés – et le personnel biomédical bénévole assure le bien-être et le suivi des patients. Le Hope Center, quant à lui, est un bâtiment mis à disposition par le gouvernement pour être un centre d’accueil afin que les patients puissent se reposer avant et après les interventions chirurgicales. L'objectif étant que de cet espace perdure dans le temps après le départ de Mercy Ships pour des soins post-opératoires.
La mission pour l’association va bien au-delà du port ! Elle laisse une empreinte dans le pays pour permettre une meilleure accessibilité au système de santé pour la population grâce au travail et à l’investissement du personnel local et au nouveau lieu dédié aux soins généraux et post-opératoires.
Une aventure à vivre
A ce jour, plus de 600 bénévoles dans le monde sont investis de manière régulière dans l’ONG. Sur les deux navires, la capacité maximum est de 1 100 bénévoles. Il n’est pas nécessaire de rester les 10 mois complets à bord. Par exemple, pour un bénévole en chirurgie, il est demandé de rester minimum de 2 semaines à bord, et 8 semaines pour les infirmiers. Pour que les deux navires-hôpitaux soient toujours en état de fonctionnement optimal, 3 000 bénévoles par an sont nécessaires. A l’arrivée du troisième bateau, ce nombre montera à 5 000.
Réparties en trois pôles – maritime, médical, général –, les missions à bord du navire sont nombreuses. Plus de 240 missions liées au monde médical sont attribuées, sans compter les expertises nécessaires dans le domaine non-médical, telles que la comptabilité, l’accueil, la capitainerie ou encore l’enseignement. Les prérequis sont d’avoir un certain niveau d’anglais pour assurer le minimum d’échanges avec la communauté internationale et, pour le secteur médical, de justifier de trois années d’expérience.
Afin d’aider les personnes à se projeter dans cette aventure humaine, Mercy Ships présente ses missions à raison de 2x par mois. Un moment convivial à vivre pour se donner envie de dépasser ses limites et mettre à profit ses compétences au service de la santé mondiale, pour soutenir l’ONG qui existe grâce aux dons, ou pour simplement suivre les actualités des bateaux humanitaires.
Pour en savoir plus :
Mercy Ships
https://mercyships.fr/
Chargée de communication : Angelina MENNA
angelina.menna@mercyships.fr
Chargé de recrutement des bénévoles : Joffrey ASTIC
joffrey.astic@mercyships.fr
J S.Lopes
© La Gazette du Laboratoire